Que reste-t-il à découvrir du Studio Ghibli lorsque l’on connaît déjà Totoro, Chihiro, Mononoké ou Kiki presque par cœur ? Beaucoup de choses, justement. C’est tout l’intérêt de Ghibli Mania – Studio Ghibli au-delà de ses films, le livre de Michael Leader et Jake Cunningham paru chez Gründ, il y a de ça tout juste 1 an.
Mangas, courts métrages rares, livres, musiques, jeux vidéo, publicités, musée, parc Ghibli… les auteurs quittent volontairement les sentiers les plus connus pour explorer tout ce qui gravite autour du studio japonais.
J’ai lu l’ouvrage avec le regard d’un fan déjà bien nourri de Miyazaki et Takahata. Et c’est précisément là que Ghibli Mania devient intéressant : ce n’est pas un énième résumé des films, mais une invitation à regarder ce qui se passe autour d’eux.
192 pages illustrées • Gründ • 24,95 € • Traduction de Nadia Fischer • Guide non officiel consacré à l’univers étendu du Studio Ghibli. 2.
Qui sont les auteurs de Ghibli Mania ?
Michael Leader et Jake Cunningham animent depuis 2018 le podcast Ghibliotheque. Leur duo repose sur une idée assez simple : l’un connaissait déjà très bien l’univers Ghibli, tandis que l’autre le découvrait avec un regard beaucoup plus neuf.
Cette complémentarité se retrouve dans leur façon d’écrire. Ils avaient déjà publié chez Gründ Studio Ghibli : le guide de tous les films. Avec Ghibli Mania, ils changent de focale : moins de résumés, davantage de passerelles vers les créations, influences et lieux qui entourent Hayao Miyazaki, Isao Takahata, Toshio Suzuki et leurs collaborateurs.
Si vous souhaitez d’abord revenir aux œuvres principales, vous pouvez parcourir la liste des films du Studio Ghibli et leurs fiches détaillées.
Le ton du livre reste accessible et documenté, sans basculer dans l’essai universitaire. C’est davantage un guide de passionnés qui aiment ouvrir les petites portes cachées de l’univers Ghibli.
Que contient vraiment Ghibli Mania ?
Le quatrième de couverture promet d’explorer la « galaxie Ghibli ». L’expression est plutôt bien choisie. Le livre relie les films que tout le monde connaît à ce qui les précède, les accompagne ou les prolonge.
On remonte ainsi jusqu’à l’avant-Ghibli avec des œuvres comme Horus, prince du Soleil, avant de bifurquer vers des productions moins connues, des clips, des publicités, des jeux, des adaptations littéraires ou encore les créations visibles uniquement au Japon.
🎨 Les facettes de Ghibli au-delà des longs métrages
C’est probablement dans ces chapitres que Ghibli Mania trouve sa véritable raison d’être. Les auteurs s’intéressent notamment :
- aux mangas et récits dessinés liés au studio et aux travaux de Miyazaki antérieurs à 1985 ;
- aux courts métrages du musée Ghibli, difficiles à découvrir en dehors de Mitaka ;
- aux romans et œuvres littéraires adaptées, notamment les passerelles qui conduisent jusqu’au Château ambulant ;
- à la musique et au rôle essentiel de Joe Hisaishi dans l’identité du studio ;
- aux lieux physiques, comme le musée Ghibli de Mitaka et le Ghibli Park près de Nagoya ;
- aux spectacles, jeux, publicités et objets qui prolongent cet univers bien après le générique de fin.
Le chapitre consacré à la musique est particulièrement intéressant. Il replace les bandes originales dans l’identité globale des films : leitmotivs, silences, bruits du quotidien, trains, vent, cuisine… autant d’éléments qui participent à cette sensation si particulière que l’on associe immédiatement à Ghibli.
Le livre montre aussi comment une esthétique pensée pour l’écran peut sortir du cinéma pour s’installer dans un bâtiment, un jardin, un sentier ou une boutique. On comprend alors que l’univers Ghibli ne se limite plus depuis longtemps à une filmographie.

Un guide à feuilleter plutôt qu’une encyclopédie
Avec ses 192 pages illustrées et son format d’environ 19,4 × 24,8 cm, Ghibli Mania est un livre que l’on peut aussi bien lire dans l’ordre que picorer au gré de ses envies.
Ce n’est pas une encyclopédie de 400 pages et certains sujets sont nécessairement survolés. Son statut de guide non officiel limite également l’accès aux archives internes du studio.
En contrepartie, Leader et Cunningham multiplient les passerelles vers la littérature européenne, le cinéma japonais d’après-guerre, la publicité, la musique ou les jeux vidéo. Le livre donne donc souvent envie d’aller chercher plus loin.
Mon avis après lecture de Ghibli Mania
Je m’attendais initialement à un recueil d’anecdotes. J’ai finalement trouvé quelque chose de plus intéressant : un livre qui remet en ordre les différentes branches de l’univers Ghibli.
Beaucoup de fans connaissent parfaitement Le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoké, mais beaucoup moins les films promotionnels, certaines expériences télévisées, les courts métrages rares ou la manière dont le musée prolonge l’univers de Mon voisin Totoro.
Ghibli Mania relie toutes ces petites pièces. On referme le livre avec une carte mentale du studio beaucoup plus vaste.
Le plaisir vient aussi du rythme : quelques pages sur un court métrage méconnu, puis une source littéraire, un détour par la musique et enfin une promenade dans le parc. Cette diversité évite la monotonie d’un catalogue classique.
❤️ Ce que j’ai particulièrement apprécié
- une structure thématique qui évite de refaire un résumé film par film ;
- une lecture accessible même sans être spécialiste de l’animation japonaise ;
- la place accordée à Takahata, Suzuki, Hisaishi et aux équipes du studio ;
- les nombreuses passerelles vers la littérature, la musique et les lieux réels ;
- une mise en page agréable qui donne envie de feuilleter régulièrement le livre.
Autre bon point : Ghibli Mania ne réduit pas le studio à Hayao Miyazaki. Isao Takahata, Toshio Suzuki, les musiciens, les équipes artistiques et les projets collectifs retrouvent leur place dans cette histoire plus large.
⚠️ Les limites à connaître avant l’achat
Il faut néanmoins savoir ce que l’on achète. Il s’agit d’un guide non officiel : ne vous attendez donc pas à découvrir des dizaines de planches inédites sorties directement des archives du studio ou une longue interview exclusive de Miyazaki.
Les collectionneurs ayant déjà lu plusieurs monographies et visité le Japon retrouveront également certaines informations connues.
Le livre évoque par ailleurs des œuvres situées dans une zone plus périphérique de l’univers Ghibli, comme Le Roi cerf. Cela permet d’explorer les filiations entre studios et créateurs, mais les lecteurs recherchant une frontière stricte entre « Ghibli » et « hors Ghibli » devront garder cette approche à l’esprit.

À qui conseiller Ghibli Mania ?
À mon sens, trois profils profiteront particulièrement du livre.
🌱 Le fan qui veut aller plus loin
Vous connaissez déjà les grands classiques et souhaitez découvrir ce qui existe autour des films.
🎁 Celui qui cherche un cadeau Ghibli
Le format illustré, la lecture par petits chapitres et le prix contenu en font un cadeau assez facile à offrir à un amateur du studio.
🇯🇵 Le voyageur qui prépare le Japon
Le livre permet de mieux comprendre pourquoi le musée de Mitaka et le parc Ghibli occupent désormais une place importante dans l’univers du studio.
Pour prolonger justement cette partie du livre, j’ai préparé un guide complet consacré au musée Ghibli de Mitaka, avec les billets, l’accès et les conseils de visite.
En revanche, le collectionneur à la recherche de reproductions grand format ou le chercheur ayant besoin de sources primaires se tournera plutôt vers des publications officielles japonaises ou des ouvrages spécialisés.
Du cinéma au monde réel : musée et Ghibli Park
C’est peut-être l’une des idées les plus séduisantes du livre : montrer comment l’univers Ghibli a progressivement quitté l’écran.
Le meilleur exemple est évidemment le Ghibli Park au Japon, où des lieux comme la maison de Satsuki et Mei, le Village de Mononoké ou la Vallée des Sorcières permettent de pénétrer physiquement dans des décors inspirés des films.
Ce passage du dessin à l’espace réel montre à quel point Ghibli est devenu bien davantage qu’un studio produisant des longs métrages. C’est aujourd’hui un univers culturel qui se prolonge dans des lieux, des livres, de la musique et des expériences.
Quelle place pour Ghibli Mania dans une bibliothèque Ghibli ?
Sur une étagère, je placerais volontiers Ghibli Mania à côté des artbooks consacrés à un film précis et des œuvres littéraires ayant inspiré certains longs métrages.
Il joue en quelque sorte le rôle de carrefour.
Une page consacrée à un roman anglais peut donner envie de revoir Le Château ambulant. Un passage sur le musée rappelle l’existence de courts métrages impossibles à voir facilement en Occident. Quelques pages consacrées au parc montrent comment un décor dessiné peut devenir un espace que l’on parcourt réellement.
Après quatre décennies d’existence, réduire Ghibli à Totoro, Chihiro et quelques grands classiques serait forcément incomplet. Leader et Cunningham rappellent justement les publicités, jeux, spectacles, livres, musiques et projets moins connus qui constituent également l’histoire du studio.
Verdict : faut-il acheter Ghibli Mania ?
⭐ Mon avis : 8/10
Ghibli Mania est un très bon satellite de la filmographie du studio. Ce n’est pas le livre unique à posséder sur Ghibli, et ce n’est d’ailleurs pas son ambition. Son intérêt apparaît justement lorsque l’on connaît déjà les films et que l’on souhaite comprendre tout ce qui pousse autour.
Lecture claire, bel objet, angle original et suffisamment de pistes pour donner envie d’aller plus loin : le contrat est rempli.
Disponible au prix de 24,95 € sur Amazon, je trouve l’ensemble cohérent. Je le conseillerais surtout au fan qui a déjà croisé le Chat-Bus plusieurs fois et commence à se demander ce qui se cache derrière la prochaine porte.
Questions fréquentes sur Ghibli Mania
Le livre convient-il pour un cadeau ?
Oui, particulièrement pour quelqu’un qui aime déjà l’univers Ghibli. Son format illustré et sa construction en chapitres permettent de le feuilleter facilement. Pour une personne qui ne connaît encore presque aucun film du studio, un guide consacré directement à la filmographie sera cependant plus accessible.
Ghibli Mania intéressera-t-il un grand connaisseur du studio ?
Oui, mais avec une réserve : les fans ayant déjà lu de nombreuses publications spécialisées retrouveront certaines informations connues. L’intérêt viendra alors surtout de la façon dont le livre relie entre eux les films, la musique, les mangas, la littérature, le musée, le parc et les autres créations périphériques.

